08.06.2008
Discours de François Bayrou en clôture de la Convention sur l'Europe.
"Je suis très heureux de la manière dont cette Convention a été conduite, organisée, de la remarquable qualité des travaux, de la remarquable qualité des expressions et j'y vois une promesse pour notre mouvement, car j'écoutais tous ceux qui parlaient et je mesurais que c'est parce que nous étions un mouvement nouveau que nous avions pu organiser ces rencontres avec ceux qui se sont exprimés....
[..] Je veux vous dire quatre des réponses à trouver et je vous avertis à l'avance que ces questions sont considérables, mais je n'arrêterai pas là l'exposé du défi formidable qui est devant nous. Il y a quatre questions auxquelles il faut apporter une réponse.
La première est la nature de l'Union européenne, question qui a commandé le Non français au référendum.[..] l'Europe, ce n'est pas d'abord un marché, c'est la défense de valeurs et d'un projet de société, ce qui met au premier rang la question de la nature sociale du projet de société européen. Je pense que nous avons, en Europe, quelques-uns des projets ou des standards sociaux les plus solidaires de la planète.Il faut qu'on le dise, qu'on le défende et qu'on l'affirme parce que, excusez-moi de le dire, c'est pour cela que nous avons fait l'Europe. C'est pour que ce projet de société ne soit pas exposé et explosé par les dumping environnementaux et sociaux de toutes natures. Nous avons un projet à défendre et la nature de ce projet est sociale.
Deuxième réponse : cela veut donc dire, comme voie de conséquence, que la vocation des institutions européennes n'est pas de défendre la concurrence et encore la concurrence et exclusivement la concurrence -rôle qui est le sien aujourd'hui- mais la nature des institutions européennes est de définir une politique partagée. [..] Mais, pour moi, l'Europe est un projet politique partagé, fondé sur des valeurs.
Troisième point, particulièrement sensible et pas seulement en France : l'Europe, ce n'est pas le nivellement des identités, c'est la défense des identités. [..]
Quatrièmement, l'Europe, ce n'est pas fait pour défendre la globalisation auprès des Européens, mais les Européens dans la globalisation ! [..] Voilà quatre questions. Il y en a sûrement d'autres, mais elles me permettent de dire que nous n'allons pas laisser l'Europe comme elle est, et notamment nous n'allons pas laisser l'Europe comme elle est exposée aux craintes des citoyens.
Ce que nous avons en charge, c'est de la repenser et de la reconstruire, en tout cas de proposer de la repenser et de la reconstruire, et de proposer des pistes nouvelles dans ce dessein. [..] tout ce que nous avons à rebâtir, nous avons à le faire dans le contexte de la plus grande crise que le monde, que l’Europe ait connue depuis des siècles, une crise à l'échelle du millénaire. [..] le chapitre démographique [..] La crise de l'énergie [..] changement climatique [..] les déséquilibres internationaux [..] Si l'Europe n'existe pas, aucune de ces immenses crises, de ces crises à la dimension du millénaire ne pourra trouver un début de réponse.
"Il nous revient de penser une Europe nouvelle et de la faire aimer"
21:19 Ecrit par Jean-Marc (BlogMestre) dans L'Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bayrou, convention, europe |








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